My Lover, histoire d’une rencontre

En juin 2021, lors de l’exposition Semez les possibles, à l’arthothèque ASCAP de Montbéliard, le tableau issu de la série Les mal-aimés, a marqué les esprits.

Il représente un crapaud de couleur rose.

Sans Titre, peinture industrielle et pigments, 140 cm x 120 cm

Suite à cette exposition, l’artothèque a commandé un tableau à l’artiste plasticienne Marina ZINDY.

Ce fut pour l’artiste, l’occasion de se replonger dans l’univers de cet animal pour mieux le cerner afin de le représenter dans son essence d’être vivant.

Mission sauvetage

Avec les agents de la brigade verte et la Maison de la Nature du Sundgau, une initiative de protection a été organisée.

L’artiste a participé à cette demi-journée de sensibilisation.

Des seaux enterrés sont disposés le long de la route. Un filet est tendu pour que les crapauds ne puissent pas traverser. Comme ces animaux sortent de la forêt en mars, par dizaines voire par centaines certaines année , leurs corps écrasés peuvent provoquer des accidents. Les voitures glissent d’autant plus que les femelles sont pleines d’œufs.

Les bénévoles cherchent surtout à sauver ces animaux d’un triste sort.

Les crapauds tentent de franchir le filet, ne réussissent pas et tombent dans un seau. Les bénévoles les ramassent chaque matin pour les faire traverser la route en toute sécurité et les emmener dans la mare qui se trouve donc de l’autre côté de la voie. Puis lorsque les crapauds se seront reproduits, ils traverseront à nouveau dans ces conditions pour retourner dans la forêt sains et saufs.

Les crapauds vivent peu de temps dans l’eau : le temps des amours et lors de leur vie de têtard. Leur mode de reproduction est très différent des mammifères puisqu’il n’y a pas de contact sexuel. La femelle pond un chapelet d’œufs dans l’eau. Le mâle qui la tient fermement n’attend que ce moment pour féconder les œuf dans l’eau et non dans le corps de la femelle.

La rencontre

Après cette première rencontre, l’artiste s’est rendue dans un lac proche de son atelier pour y observer plus longuement la saison des amours de ces animaux mal connus et bien souvent mal-aimés.

Une immersion dans le calme, la montagne et la forêt.

Des croquis préparatoires, une observation longue et exclusive puis ce fut le moment de la rencontre.

Un couple formé, des croquis préparatoires.

Un mal esseulé, déterminé à ne pas rester célibataire, aveuglé par l’amour, est attiré par la chaleur d’un être humain. Une main plongée dans le lac, immobile, attend de leurrer cet amoureux transi.

Un amant aux yeux d’or et à la peau gelée, enlaçant de toutes ses forces sa bien-aimée.

Il lui fallut plusieurs longues minutes pour s’apercevoir qu’il avait été dupé. Ulcéré par cette imposture, gonflé de rancœur, il sauta dans les profondeur du lac pour oublier cet intrus.

L’oeuvre

Cette rencontre a permis à l’artiste d’observer l’animal sous toutes ses coutures, de comprendre sa forme, sa texture, ses mouvements. Une étape importante pour rendre compte de sa présence en peinture.

L’œuvre intitulée My Lover, sera exposée avec les nouvelles acquisitions, à l’artothèque ASCAP de Montbéliard en novembre 2022, dans le cadre des 30 ans de l’artothèque.

Marina Zindy, My Lover, 2022